
Et si , pour une fois, on commençait l'année par une petite histoire
À l'aéro-club, on l'appelait "La grenouille", faut dire que la plupart de
ses attéros étaient à la Beethoven, c'était vraiment le roi des béconnards ;
même qu'on se fendait bien la poire en le voyant faire des atterrissages de
colonel. Le hic, c'est qu'il fallait souvent aller à la glandouille chercher
un graisseux pour vérifier les sabots et quelquefois un choumac pour poser
une pétasse. Il avait beau essayer de morpionner avec sa trapanelle en
papier-cul, il y'arrivait pas. Y'avait aussi ses approches en table de
bistrot avec la bille dans le coin qui n'arrangeaient rien. Néanmoins, il ne
s'était jamais retourné les pinceaux.
Pourtant, il avait beaucoup d'heures de vol, d'abord en tant que boeuf sur
une débroussailleuse qui grimpait aux arbres puis comme âne sur un planeur à
système d'envol incorporé - une vraie bicyclette - et bientôt sur un gros.
Là, contrairement à l'aéro-club, il faisait des kiss dans la crème chantilly
sans problème, un vrai branleur de manche ; il est vrai que de temps en
temps Georges lui donnait un coup de main. Un vrai morpion de carlingue
qu'aimait pt'êt mieux les bouilleurs q'les batteuses.
En revanche, il s'était souvent fait tabasser sans marsouiner, un vrai
mermoz qui pilotait aux fesses. Jamais il n'avait effacé la piste, ni
atterri en cheval de bois ni même fait tomber les stérilets.
Mettre du pied et sortir la ferraille quand y faut ; ne pas se laisser
distraire par les serveuses de oui ; éviter de bouffer de la piste, bien
calculer le coco ; parler correctement au trapèze, aux manipulateurs d'écho
et aux baveurs de micro ; décraber en douceur pour éviter le renard qui se
balade ; bien suivre le lièvre, telles étaient ses devises. Il s'en était
payé des coins mal pavés, comme par hasard au moment du dîner ; un PAX
démoulait l'poulet basquaise et un stew nappait le client, ça faisait du
boulot supplémentaire pour les pousseurs de chariot ; mais jamais il ne
s'était frisé les moustaches ni n'avait cassé du bois.
Bien sûr, comme tout un chacun, mais rarement, il avait eu un retour-bloc
pour un technique et comme il n'y avait pas de petit jésus, il avait dû
bétonner à côté du camembert en attendant les gonfleurs d'hélice.
(Merci à Alain V. pour nous avoir déniché cette perle de Pierre Perret)
Dans l'attente de vous accueillir sur notre plate forme, l' A.C.M vous souhaite ses meilleurs voeux de bonheur, santé et prospérité.